samedi 14 août 2010

Excusez moi je ferme.

Un moment fort de la journée, c'est lorsqu'on ferme la caisse. Que cela soit pour partir en pause, manger ou bien finir la journée, c'est un moment où se mêle soulagement et appréhension. En effet, qui n'est jamais arrivé à une caisse où il n'y a personne, tout content et tout fière d'avoir trouvé la caisse que personne n'avait vu et s'entendre un "Excusez moi je ferme !"

Plusieurs réactions s'offre alors à nous :
- on s'excuse et on part chercher une autre caisse.
- on adresse un sourire, quelque peu crispé, mais poli à la caissère et on part chercher une autre caisse.
- on tente de négocier avec la caissière "je n'ai que quelques articles !"
- on s'énerve "rho mais c'est pas possible ça ! Ca tombre toujours sur moi, c'est inadmissible que toutes les caisses ne soient pas ouvertes en midi et 2 !"

jeudi 12 août 2010

C'est mieux chez nous.

Région touristique et saison riment avec touristes bien sur.

Savez-vous qu'il existe une très grande différence entre le touriste de juillet et le touriste d'août ?

Le premier est tout content, rassure la caissière avec "vous en faites pas, on est en vacances !", il trouve la région belle, les gens agréables, le ciel est bleu, et il y a des fleurs partout... avec eux, les éléphants sont presque roses.
Le saisonnier redoute l'arrivée des aoutiens. Ces derniers sont pressés, n'ont pas le sourire, sont impolis et surtout, trouvent toujours quelque chose à redire. Au top 5 des remarques nous avons :

- "Je comprends pas, chez nous c'est moins cher !"

- "Oh ben chez, nous il y a plus d'un séparateur !"

- "Chez nous, ils prennent les tickets resto !"

- "Chez nous, on pèse les fruites et lègumes en caisse !"

- "Chez nous, la caissière passe la carte de fidélité au début et pas à la fin !"


Je pense que là, vous devez avoir une idée de ce qui brule les lèvres de la caissière...

Bon bien sur je généralise, il arrive que des aoûtiens soient très agréables et gentils comme certains juilletistes sont de véritables têtes à claques.

mercredi 11 août 2010

Mon souvenir le plus... marquant.

Un dimanche matin, dernier jour de saison, il y a deux ans. Mes saisons finissent toujours pas un dimanche. A savoir que je suis censée travailler un dimanche sur deux, j'ai donc une chance sur deux de travailler mon dernier dimanche de saison. Mais il faut croire que les statistiques ne s'appliquent pas au dernier dimanche de la saison.

Bref, il est environ 10h30, et il y a foule en caisse. Voilà qu'arrive un Mr-le-tapis-n'avance-pas-assez-vite.

Je ne vous ai pas encore présenté ce genre de client. Comme le nom l'indique, pour ce genre de personne, le tapis automatique ne va pas assez vite pour m'amener les articles, alors il les pousse jusqu'à mon scanner alors que je n'en ai pas fini avec le client qui le précède.

Bref, ce jour, comme je le dis plus haut, c'est mon dernier jour et à vrai dire, je suis bien contente. Je compte qu'il me reste que 2 heures de boulot et ça me ravie.
Sur un ton un peu taquin je glisse à ce client un peu pressé : "Monsieur, vous savez le tapis est là pour faire avancer les articles."
Il me répond : "Vous savez, ce n'est pas la première fois que je viens faire mes courses dans un supermarché". Il s'accoude alors au portique antivol à la façon comptoir de bar et me glisse dans un sourire en coin : "Et puis entre nous, heureusement, je n'ai pas le quotient intellectuel d'une caissière".

Celle là, je ne l'avais pas vu venir !

Ma caisse n'est pas un comptoir.

Certains clients sont tellement à l'aise dans les supermarchés qu'ils se croient chez eux à ma caisse. Il y a ceux qui passent le bras devant mon écran pour attraper mon stylo placer au milieu de mes affaires. "Allez y, faites comme chez vous."
Il y a ceux qui arrachent eux même le ticket de caisse... "Vous voulez faire mon travail à ma place aussi ?"
Et il y a ceux qui s'accoudent sur le portique antivol nonchalemment... "Monsieur, ma caisse n'est pas un comptoir de bar."

On reste toujours dans le registre de l'absence de politesse et du non-respect de l'autre.

Prendriez-vous la clé à molette du garagiste ? Ou bien utiliseriez-vous l'ordinateur de la secrétaire ? Attraperiez-vous le stéthoscope de mon médecin ? Fairiez-vous votre manucure sur le fauteuil du dentiste ?

Politesse.

Caissière : Bonjour !
Client : ...
Caissière : Avez-vous la carte du magasin ?
Client : ...
Caissière : 33 euros 58 s'il vous plait.
Client : ...
Caissière : En vous remerciant, passez une bonne journée.
Client : ...

Probabilité d'avoir ce type de client : 1/10.
Exemple typique du monologue durant lequel la caissière rêve de balancer un "Mr (oui c'est souvent Mr !), je vous emmerde ? Non parce que sinon, il existe internet ! Au moins, vous n'avez pas à parler à votre ordi pendant votre achat !"
Sachez que la caissière n'attend pas du client qu'il soit un grand bavard mais un échange de politesse est la bienvenue. Elle, elle répête son barantin toute la sainte journée, et elle aussi aimerait pouvoir se contenter d'onomatopée.

Prologue.

Bonjour,
Il me semble qu'une petite présentation est de rigueur. Donc moi, 22 ans, caissière saisonnière depuis 4 ans dans une petite ville touristique du sud de la France. Population hors saison... 4500 habitants (la moitié de retraités). En saison... 20 000 ou peut-être plus.
Soyons francs dès le début : je déteste être en caisse, comme je déteste les "gens". Oui vous qui me lisez, peut-être êtes-vous déjà passé à ma caisse et je me suis dit "Non mais qu'est-ce qu'il (elle) me saoule celui (celle) là !" Mais comme je fais bien mon boulot, j'ai gardé un sourire crispé tout du long, peut-être ai-je même fait un brin de causette avec vous et vous êtes reparti content de quitter cette foule en vous disant "les gens sont sympas ici !".
Enfin, je vous rassure, je ne pense pas ça de vous tous... J'aime bien mes clients habituels, ceux qui passent toujours à ma caisse ainsi que les parents avec de jeunes enfants qui ne braillent pas, ne tentent pas de démonter ma caisse et me racontent leur vie,... et c'est à peu près tout.
Bon je suppose que je dois passer pour une aigrie ou une associale, mais je vous propose de découvrir au fil des messages la vraie vie derrière la caisse et peut-être comprendrez-vous pourquoi il arrive que la caissière fasse "la gueule" !